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Archive for août 2010

A la fin de l’été, dans les hautes vallées, les marmottes se goinfrent de framboises sauvages. Mais souvent, aux buissons de framboisiers se mêlent d’étranges touffes de poils blancs qui font frémir les marmottons : un serpent à plumes ? Un renard tout maigre ?

Non, non, ce sont seulement les fruits de l’épilobe qui éclatent et sèment leurs graines.

L’épilobe fleurit pendant l’été, en moyenne montagne dans les espaces forestiers ouverts. Il apparaît en grand nombre après les coupes de bois, puis se raréfie à mesure que la forêt se referme. L’épilobe vit souvent en bande, et est très reconnaissable : une haute tige, qui dépasse souvent un mètre et se balance au vent, des feuilles sombres, fines et à peine dentelées, et une grappe de fleurs d’un rose incroyable. Ce sont des fleurs très élégantes quand on les regarde de près. Quatre pétales ovales assez larges alternent avec quatre autres plus étroits, d’un rose légèrement plus sombre. Au centre, un bouquet pistil-étamine dans les mêmes tons de rose. Et si l’on croque quelques fleurs d’épilobe en les prenant pour des framboises, ce n’est pas bien grave, elles sont comestibles même si elles n’ont pas beaucoup de goût…

Au fur et à mesure que l’été avance, la base de la fleur se gonfle et se transforme en une gousse pleine de graines. La fleur fane, la gousse grandit et les graines mûrissent tranquillement, jusqu’au jour où elles décident de prendre la montagne d’assaut.

Alors, les gousses se fendent en quatre et des touffes blanches couvrent la tige de l’épilobe. Chaque gousse comprend entre 300 et 400 graines. Chaque graine est surmontée d’une aigrette-parachute. L’épilobe se propage alors au gré du vent, ce qu’on appelle l’anémochorie (dispersion par le vent). Elle refera des colonies de fleurs roses, l’été suivant…

Épilobe en épi – Epilobium angustifolium – Famille des Onagracées

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Gaudemarousse

« Il faut prendre ton destin en main, jeune marmotte ». Je me répète ça toute la journée, au cas où ça marcherait. J’ai l’impression qu’on me promène un peu partout sans savoir pourquoi ni même avoir le choix. Du coup, si je veux qu’on me laisse tranquille, il faut que je décide ce que je veux faire et où avant les autres.

Mais j’ai deux problèmes. D’abord je ne sais pas qui sont ces autres qui veulent décider à ma place. Si c’est le cailloux, c’est un peu humiliant de se dire qu’on se décide moins vite qu’un caillou. L’autre problème, c’est que si je me laisse décider… ça va finir dans le terrier de ma maman à manger des myrtilles. Ben oui, être une marmotte, c’est un état d’esprit. Si les marmottes ne voyagent pas, c’est bien parce qu’elles peuvent flemmarder chez elles. C’est même une vocation, et je ressens l’appel en ce moment… et puis c’est fatiguant de choisir…

Finalement, je me suis levée un matin avec une idée idiote. J’avais déjà pris la route du retour, comme ça, par hasard, hein ? Et si le pirate existe vraiment, pourquoi les autres n’existeraient pas aussi ? Je veux dire, toutes ces légendes de monstres et de gens bizarres qui ont fait des choses étranges dans des lieux invraisemblables à l’aide de trucs terrifiants ? Bon, ce n’est peut-être pas une bonne idée d’aller les chercher. Le pirate a bien failli me noyer après tout. Mais je pourrais commencer par des gentils.

Qui c’est ce Gaudemar, pour commencer ? Il a une vallée à lui tout seul ! Ça doit bien être quelqu’un d’important. Ou alors c’est un monstre hideux que l’on a puni en enfermant dans le Valgaudemar. Parce que, je ne voudrais pas être mauvaise langue, mais ça fait un peu prison là-bas. Y’a des montagnes partout et les hivers durent neuf mois. Paraît même que les marmottes qui y vivent sont les descendantes de marmottes « bagnardes », comme dit Mariette. Mais c’est sans doute pas vrai, vu que l’eau est beaucoup trop froide pour se bargner là-bas. Quoi qu’il en soit, direction le Valgaudemar !

Et c’est comme ça que je me suis retrouvée ici, sur le chemin des six cabanes. Si j’avais su, j’aurais laissé mes poils pousser encore un peu. Brrrr. En plus, y’a des touristes qui me narguent avec leur pique-nique. Mais ils ne savent pas encore qu’ils ont affaire à la plus grande pilleuse de touristes de la montagne. Hinhinhin. Vous allez voir la technique.

– Scouic ! Scouic ! Scouic !

Ça y est, ils ont mordu. Par ici madame, monsieur. Voilà, encore un peu. La technique est simple. Je siffle trois coup, pour ouvrir le spectacle. C’est traditionnel. Et ensuite je pose sur un caillou. Le touriste s’étonne, me voit, attrape son appareil photo, et il commence à approcher en indien. Comme je ne bouge pas, ou que je fais semblant de me gratter, il se sent en confiance et se dit qu’il est vraiment un grand chasseur. C’est essentiel pour bien amadouer le touriste de le laisser croire qu’il est plus fort que tous les autres, et plus rusé que moi. C’est la première phase du piège : le sentiment de supériorité.

Je reste le plus longtemps possible, et quand il est à deux ou trois mètres, je disparais  dans un terrier. Ici c’est facile, il y a plein de terriers abandonnés. Mais ce n’est pas fini. Il faut réapparaître à l’entrée. Au moins trois fois, en restant de plus en plus longtemps : de quelques secondes à deux ou trois minutes. C’est le temps de mettre le touriste en confiance. C’est un peu craintif c’est bêtes là.

Quand il est tout proche et qu’il s’est habitué à me voir ressortir en confiance, le touriste est ferré. Il ne reste plus qu’à déguerpir pendant que la magie opère encore. Cette magie là s’appelle l’espoir. Hahaha. Pendant qu’il attend que je sorte une quatrième fois pour faire ses photos, je sors par une autre entrée et…. yaaahaaaa ! A moi le pique-nique ! Aujourd’hui, c’est madeleine trempée dans le café. Juste ce dont j’avais besoin pour me réchauffer. Ça aurait été mieux avec du thé, mais on ne peut pas toujours choisir.

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Une fleur dans une étoile, comme dans le Petit Prince-sans-rire que me lisait ma maman pour m’endormir au début de l’hiver… La fleur de la grande astrance est en effet composée d’une boule de minuscules fleurs rosées, posée sur une étoile plus claire. C’est cette forme d’étoile qui lui a donné son nom d’Astrantia, une étoile en latin.

Cette étoile est composée de bractées, à mi-chemin entre les feuilles et les pétales. Elles ont un rôle protecteur, notamment avant l’éclosion de la fleur. Ici, elles ont les bouts et les nervures verts, mais elles peuvent devenir plus roses avec l’altitude.

Au milieu de cette couronne de bractées, la touffe de minuscules fleurs est structurée en ombellules, une forme aussi jolie et aérienne que son nom. Les ombellules composent les ombelles, ces petits parapluies de fleurs, comme la carotte sauvage. Les ombelles ont une structure particulière : c’est une fleur simple dans laquelle les  pédoncules floraux (les petites tiges qui supportent chacune une fleur) sont tous insérés au même point de la tige. Du coup, les fleurs sont toutes disposées sur une même surface sphérique, ou parfois plane, et prennent cette forme de parapluie, ou d’ombrelle si vous préférez.

L’astrance fait bien partie de la famille des ombellifères, même si cette famille est devenue celle des apiacées.

Malgré la délicatesse de ses fleurs et de des tiges, la grande astrance peut mesurer un mètre, à la différence de sa petite soeur, la petite astrance, à la tige plus courte, aux coupelles plus réduites, que l’on trouve plus près des terriers de marmottes, dans les landes et les pelouses alpines. Toutes les deux sont des vivaces, et fleurissent l’été. Mais la grande astrance préfère parsemer le bord des chemins forestiers, les alentours des zones humides, ou encore les prairies bien fraîches et verdoyantes.

Grande astrance – Astrantia major – Apiacées

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