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Archive for juillet 2011

Dans la montagne d’été, certaines fleurs sont vraiment reines. Vous vous souvenez du lis martagon ? Une fleur cousine, le lis orangé, a le même port altier, la feuille conquérante et la robe chatoyante. Ici, la robe est couleur de soleil pour fêter le retour de l’été, parfois jaune, parfois orange vif, mais souvent dans un entre-deux très lumineux. De toutes façons, vous ne pouvez pas la manquer, vu qu’elle a le bon goût d’être haute sur tige : entre 20 et 80 cm.

Elle fleurie au début de l’été, en juin et en juillet. Elle est bien connue des marmottes, parce qu’elle est un peu comme nous : elle aime bien les rochers et les pelouses alpines. Et puis elle est belle, évidemment.

Moi, ce que j’aime bien avec cette fleur, c’est qu’elle a des feuilles rigolotes en forme de petits couteaux. On dit qu’elles sont lancéolées-linéaires. Enfin, ça c’est pour faire chic. Moi je les imagine toujours comme un espèce d’escalier vert en colimaçon qui mène jusqu’à la fleur. Moi je suis trop lourde pour grimper dessus, j’ai essayé. Mais des petits insectes peuvent se lancer à l’assaut de la tour en gravissant les escaliers et aller sauver la princesse Étamine. Yaahaa ! Sus aux dragons !

Et puisqu’on en parle des étamines, celles du lys orangé se dressent majestueusement tout en haut avec un petit bout noir pour les reconnaître. C’est toujours pratique pour attirer les insectes pollinisateur et leur faire amener le pollen vers un autre lys orangé. Je vais pas vous faire un dessin, mais c’est un peu comme une histoire d’amour par téléphone. Sauf que ce sont les abeilles dans le rôle du fil, et que c’est un peu plus efficace que le téléphone pour faire des bébés.

Attention ! C’est une jolie fleur, mais il est interdit de la cueillir. Il paraît que certains malpolis le font. Gare à eux s’il y a des marmottes pour témoins, parce qu’ils pourrait benien se retrouver la tête dans un terrier avec leurs lacets noués entre eux. Héhé !

Lis orangé – Lilium bulbiferum ou Lilium croceum – Famille des Liliacées

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– Dis-donc Marmotte, comment ça se fait que t’es une princesse ?

– Euh… tu… enfin… je suis une princesse, c’est tout. C’est quoi que tu comprends pas ?

Alors là, franchement, me poser des questions pareilles sur la digestion, c’est peut-être pousser un peu loin la clémence princière. J’ai quand même le droit de faire bronzette en paix, non ?

– Ben, pourquoi toi t’es une princesse et pas moi ?

Et voilà, il fallait s’y attendre. C’est dur d’être une princesse. Les gens sont toujours un peu jaloux. On illumine leur vie morne de notre présence, nous autres princesses, et c’est comme ça qu’ils nous remercient. Tsss. Ce que c’est que l’envie, hein? Dans deux minutes elle me demande pourquoi c’est moi qui mange les Petits Écoliers© et elle la pomme pourrie.

– Ça ne s’explique pas une princesse. Certaines d’entre nous le sont, et c’est tout. Tu devrais déjà être contente d’avoir pu me rencontrer. Si ça se trouve, je suis la seule qui existe.

– D’accord. Mais moi aussi j’aimerais bien être une princesse. Comment on devient une princesse ?

– Ahahah ! On ne devient pas princesse. On naît princesse. Et crois moi, c’est un fardeau que d’être bénie de la montagne.

– Ah. Je croyais que c’était une histoire de petit caillou sous un matelas de pissenlits, ou un truc comme ça.

Wouahou! Je savais qu’elles étaient un peu reculées les cousines champsaurines, mais là, j’avoue, ça m’a pris par surprise. Il doit s’en raconter des bêtises dans les terriers les longues journées d’hiver. Le pire c’est qu’elle a l’air d’y croire. Bon. Comment lui expliquer sans la froisser…

– Ahahah ! Ce que tu es sotte Mariette.

– Je m’appelle pas Mariette ! Moi c’est Nadine.

– Oh, Mariette, Nadine, peu importe non ? Enfin, je présume qu’on ne peut pas t’en vouloir, hein ?

C’était peut-être pas la bonne réponse, à la réflexion. Je me demande même si c’était la bonne manière d’aborder les choses. Elle a l’air un peu vexée là. Va falloir la jouer un peu plus fine. Règle de survie n°1 : les idées, mêmes idiotes, d’une marmotte qui fait quatre fois votre taille méritent considération. Approbation même parfois.

– Arrête de bouder, je te taquine, hein ? Faut pas te vexer. C’est un truc de princesse pour… euh… enfin, c’est un truc de princesse. Tu ne pouvais pas savoir. Bon, c’est quoi cette histoire de caillou ?

– Ma maman m’a toujours dit qu’une vraie princesse marmotte est si délicate qu’elle peut sentir un tout petit caillou sous un énorme lit de pissenlits. Et c’est même à ça qu’on les reconnaît.

– Mouais. C’est une jolie histoire, mais ça n’a pas grand chose à voir avec la réalité. Je suis une princesse marmotte parce que j’ai été touchée par la grâce de la montagne et que je suis…

– La pire menteuse que la montagne ait jamais connu ! C’est vraiment n’importe quoi. T’as qu’à lui dire que t’as du sang bleu pendant que tu y es.

– Euh… Marmotte ?

– Hmmm ?

– On aurait dit un caillou qui parle…

– Euh, oui.

– C’est la première fois que je vois un caillou qui parle.

Eh ben t’as bien de la chance. Ça faisait longtemps. Après quelques mois tranquilles, j’avais arrêté de me méfier.

– Tu sais quoi Nadine ? En fait, c’est ta maman qui a raison. Même au milieu du plus confortable des coins couverts de Petits Écoliers© et de pissenlits, je suis toujours capable de sentir le petit caillou qui s’y cache. Même si le fait qu’il ait toujours un commentaire désagréable à la bouche aide sans doute beaucoup.

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Un buisson plein de plumeaux blancs majestueux ? Tout ça au milieu d’une forêt humide, ou près d’un cours d’eau ? Ça mes agneaux, c’est une astilbe.

D’habitude, on voit plutôt ça dans les jardins. Mais bon, inutile de descendre dans la vallée, la montagne réserve quelques surprises au début de l’été. Les fleurs de l’astilbe existent en rose, blanc, violet ou rouge, il y a un large choix de couleurs. Les feuilles aussi s’amusent entre le vert, le jaune ou le rouge. Là j’ai fait simple et de bon goût, vous noterez, en m’en tenant au blanc et vert. Bon, je reconnais que c’est seulement ce modèle-là qu’on trouve en montagne.

On trouve plutôt les astilbes dans les lieux humides, en fond de vallée, dans les forêts près d’un ruisseau. Elles ont besoin d’une terre assez riche pour se sentir heureuses, et pouvoir offrir une telle floraison en juin-juillet. Si l’été est bien frais, l’astilbe fleurira même plus longtemps.

L’hiver, piouf, la plante disparaît. Les feuilles tombent, les fleurs et les tiges séchées finissent par être englouties sous la neige, et puis plus rien…

Au début du printemps, il reste quelques misérables tiges marron. Heureusement, les racines rhizomateuses sont très rustiques (dites-le dix fois très vite) et résistent aux grands froids de la montagne. En repartant de rien, imaginez le travail pour fournir quelques mois plus tard un buisson aussi dense, qui fait parfois plus d’un mètre de hauteur ! Avec des tas de fleurs et tout !

Astilbe – Astilbe – Famille des Saxifragacées

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