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Posts Tagged ‘cynorrhodon’

Dans la montagne, on ne croirait pas, mais il y en a tout plein de choses comestibles et délicieuses. Vous vous souvenez du cynorhodon, qu’on grignote dès les premières gelées ? Tout sucré, il colle aux pattes et chatouille la gorge. Si vous ne voulez pas attendre l’hiver prochain pour retrouver son goût, voici une petite recette de soupe glacée et salée, à siroter le midi au soleil, devant son terrier.

Pour 2 marmottes :

– 100 g de cynorhodons d’été

– 150 g d’amandes mondées (sans la peau quoi)

– 1 poignée de mie de pain

– 1 c. à soupe de vinaigre

– 3 c. à soupe d’huile d’olive

– 750 g d’eau

– sel

Les cynorhodons se récoltent quand ils sont souples sous le doigt (à partir de mi juin), trop mûrs ils sont impossibles à manipuler.

Épépinez et épilez les baies de cynorhodon : coupez les pôles des baies, ouvrez-les en deux et épépinez avec une petite cuillère. Achevez de nettoyer l’intérieur de la baie à l’ongle, sous le robinet : il ne doit pas rester un poil !

Mettez tous les ingrédients dans un mixeur. Mixez longuement, filtrez et mettez 2h au frais avant de servir. Cela donne une soupe colorée, douce et originale. Vous pouvez vous amuser avec quelques épices, mais point trop pour ne pas cacher le goût du cynorhodon.

Recette : Lugar do olhar feliz.

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Le cynorhodon, c’est pour faire chic, en vrai, toutes les marmottes disent « gratte-cul ». Ça leur donne l’occasion de ricaner bêtement à chaque fois, scouihihihiii.

Le gratte-cul est le fruit de l’églantier, ces buissons plein de piquants et de fleurs délicates. On en trouve partout, depuis en bas dans la plaine jusqu’aux versants abrités de la montagne.

Les marmottes attendent avec impatience le mois d’octobre, que ces fichues fleurs disparaissent et se transforment en petits fruits rouges, dodus, scellés par un bout noir un peu poilu. Mais là, par la moustache de la Grande Marmotte, il faut encore attendre ! Oui, c’est comme pour les nèfles, il faut attendre qu’il gèle… Heureusement, en montagne, l’été ne dure jamais trop longtemps. Et là…

Haro sur les gratte-culs ! (pffuuhihihiii) Alors, ce petit fruit à l’air innocent se révèle doublement merveilleux. D’abord, sa chair est acidulée, fondante, même s’il n’y a pas grand chose à manger et qu’on s’en met plein les pattes (et pi ça colle). Et puis en plus, au milieu, on trouve de quoi se battre avec les copines ! Oui, le cynorhodon, c’est du poil à gratter !

Les jeunes marmottons, qu’on a pris grand soin de ne pas prévenir, s’étranglent avec leur tout premier cynorhodon. A la grande joie des autres, qui s’étouffent de rire en les regardant s’étouffer tout court. Et puis, dès que tout le monde a repris son souffle, la grande bataille commence : du poil à gratter sous les pattes, du poil à gratter dans les poils, du poil à gratter dans les oreilles, et plein de gratte-cul ailleurs !

Les grands-mères marmottes regardent tout leur petit monde se battre, en souriant dans leurs moustaches. Il restera bien assez de fruits, dans la montagne, pour faire des confitures pour l’hiver, de la poudre séchée pour les tisanes, des crèmes desserts, et même un peu de bière d’églantiers…

Dans le temps, on en faisait même un sirop pour les marmottes enragées : cynorhodon, ça vient bien du grec kunorhodon, qui signifie « rose de chien ». Tiens, d’ailleurs, l’églantier se dit Rosa canina en latin… (oui, je suis une marmotte lettrée moi) C’est sensé guérir la rage, mais je préfère ne pas avoir à tester… Hmmm, je devrais peut-être en mettre de côté pour le prochain renard qui me tourne autour.

Eglantier – Rosa canina – Famille des Rosacées

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