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Posts Tagged ‘fleur blanche’

Un buisson plein de plumeaux blancs majestueux ? Tout ça au milieu d’une forêt humide, ou près d’un cours d’eau ? Ça mes agneaux, c’est une astilbe.

D’habitude, on voit plutôt ça dans les jardins. Mais bon, inutile de descendre dans la vallée, la montagne réserve quelques surprises au début de l’été. Les fleurs de l’astilbe existent en rose, blanc, violet ou rouge, il y a un large choix de couleurs. Les feuilles aussi s’amusent entre le vert, le jaune ou le rouge. Là j’ai fait simple et de bon goût, vous noterez, en m’en tenant au blanc et vert. Bon, je reconnais que c’est seulement ce modèle-là qu’on trouve en montagne.

On trouve plutôt les astilbes dans les lieux humides, en fond de vallée, dans les forêts près d’un ruisseau. Elles ont besoin d’une terre assez riche pour se sentir heureuses, et pouvoir offrir une telle floraison en juin-juillet. Si l’été est bien frais, l’astilbe fleurira même plus longtemps.

L’hiver, piouf, la plante disparaît. Les feuilles tombent, les fleurs et les tiges séchées finissent par être englouties sous la neige, et puis plus rien…

Au début du printemps, il reste quelques misérables tiges marron. Heureusement, les racines rhizomateuses sont très rustiques (dites-le dix fois très vite) et résistent aux grands froids de la montagne. En repartant de rien, imaginez le travail pour fournir quelques mois plus tard un buisson aussi dense, qui fait parfois plus d’un mètre de hauteur ! Avec des tas de fleurs et tout !

Astilbe – Astilbe – Famille des Saxifragacées

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Le cynorhodon, c’est pour faire chic, en vrai, toutes les marmottes disent « gratte-cul ». Ça leur donne l’occasion de ricaner bêtement à chaque fois, scouihihihiii.

Le gratte-cul est le fruit de l’églantier, ces buissons plein de piquants et de fleurs délicates. On en trouve partout, depuis en bas dans la plaine jusqu’aux versants abrités de la montagne.

Les marmottes attendent avec impatience le mois d’octobre, que ces fichues fleurs disparaissent et se transforment en petits fruits rouges, dodus, scellés par un bout noir un peu poilu. Mais là, par la moustache de la Grande Marmotte, il faut encore attendre ! Oui, c’est comme pour les nèfles, il faut attendre qu’il gèle… Heureusement, en montagne, l’été ne dure jamais trop longtemps. Et là…

Haro sur les gratte-culs ! (pffuuhihihiii) Alors, ce petit fruit à l’air innocent se révèle doublement merveilleux. D’abord, sa chair est acidulée, fondante, même s’il n’y a pas grand chose à manger et qu’on s’en met plein les pattes (et pi ça colle). Et puis en plus, au milieu, on trouve de quoi se battre avec les copines ! Oui, le cynorhodon, c’est du poil à gratter !

Les jeunes marmottons, qu’on a pris grand soin de ne pas prévenir, s’étranglent avec leur tout premier cynorhodon. A la grande joie des autres, qui s’étouffent de rire en les regardant s’étouffer tout court. Et puis, dès que tout le monde a repris son souffle, la grande bataille commence : du poil à gratter sous les pattes, du poil à gratter dans les poils, du poil à gratter dans les oreilles, et plein de gratte-cul ailleurs !

Les grands-mères marmottes regardent tout leur petit monde se battre, en souriant dans leurs moustaches. Il restera bien assez de fruits, dans la montagne, pour faire des confitures pour l’hiver, de la poudre séchée pour les tisanes, des crèmes desserts, et même un peu de bière d’églantiers…

Dans le temps, on en faisait même un sirop pour les marmottes enragées : cynorhodon, ça vient bien du grec kunorhodon, qui signifie « rose de chien ». Tiens, d’ailleurs, l’églantier se dit Rosa canina en latin… (oui, je suis une marmotte lettrée moi) C’est sensé guérir la rage, mais je préfère ne pas avoir à tester… Hmmm, je devrais peut-être en mettre de côté pour le prochain renard qui me tourne autour.

Eglantier – Rosa canina – Famille des Rosacées

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Dans les lacs de montagne se reflètent deux sortes de nuages : ceux du ciel, et ceux du bord de l’eau. Les nuages du ciel, à priori, vous connaissez, mais ceux du bord de l’eau, s’ils sont tout aussi jolis, sont plus rares : ce sont des nuages de linaigrettes.

On trouve plusieurs sortes de linaigrettes : à feuilles étroites, à larges feuilles, linaigrette des Alpes, de Scheuchzer, linaigrette engainante. Mais elles appartiennent toutes à la famille des cypéracées, comme leur cousin le papyrus.

Linaigrette à feuilles étroites

Les linaigrettes sont appelées traditionnellement le « jonc à coton », mais les marmottes préfèrent le nom de « tige à mouton », qui rappelle le nom savant des linaigrettes. Car Eriophorum vient de Erion (la laine) et Pherô (je porte), et qu’il faut bien convenir que les étendues de linaigrettes évoquent un troupeau de mini-moutons assoiffés !

Mes préférées sont aussi les plus fréquentes : les linaigrette à feuilles étroites, et la linaigrette de Scheuchzer.

La linaigrette à feuilles étroites, ou Eriophorum angustifolium, a une tige unique entourées de feuilles étroites qui sont munies d’un sillon central. Tout en haut, elles déploient 3 à 6 pompons, plus ou moins retombants, qui donnent à la plante son air d’élégante un peu fatiguée. Cette linaigrette-là se trouve plutôt dans les marécage de haute altitude que près des lacs : il faut un peu se mouiller les pattes pour les approcher, mais ça en vaut vraiment la peine.

Ensuite, il y a la linaigrette de Scheuchzer. D’où vient ce nom barbare ? Eh bien, l’Eriophorum Scheuchzeri a été décrite par David Heinrich Hoppe, un médecin, pharmacien et botaniste allemand de la première moitié du XIXe siècle, spécialisé dans la flore alpine. Oui mais Scheuchzer, me direz-vous ? J’y viens, j’y viens. Au moment de donner un nom à cette linaigrette, il a décidé de rendre hommage à un autre spécialiste de l’altitude : Johann Jakob Scheuchzer (1672-1733). Allez, comme vous avez été sages, je vous mets le portrait de ce naturaliste suisse. J’essaie de me confectionner la même perruque en linaigrette, mais c’est ardu. Scheuchzer n’était pas seulement botaniste, il s’est aussi intéressé à la météo, aux cailloux, aux légendes… Bref, un monsieur très sympathique. Je ne vous montre pas le portrait de Hoppe, il est beaucoup moins rigolo.

Revenons à nos linaigrettes.

Linaigrette de Scheuchzer

La linaigrette de Scheuchzer, malgré son nom barbare et chuintant, est une source de jeux inépuisable : on peut se déguiser en Saint-Nicolamarmotte, chatouiller sa voisine, jouer à cache-cache… Les grands-marmottes, pour préparer l’hiver, les récoltent pour remplir nos édredons, comme les Lapons. Des boules de neige qui tiennent chaud, que demander de plus ? La linaigrette de Scheuchzer ne possède, en haut de sa tige ronde, qu’un seul pompon, mais quel pompon !

Toutes les linaigrettes se reproduisent de la même manière. Elles ont des stolons, ces sortes de racines à partir desquels se développent d’autres linaigrettes. Et puis elles jouent avec le vent, à la fois pour être fécondées (le vent disperse le pollen : c’est l’anémophilie) et pour semer les graines de leurs pompons (c’est l’anémochorie, souvenez-vous j’en ai parlé à propos des épilobes).

Pour résumer : linaigrette à feuilles étroites, plusieurs feuilles et plusieurs pompons. Linaigrette de Scheuchzer, un seul pompon pour compenser un nom compliqué.

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Une fleur dans une étoile, comme dans le Petit Prince-sans-rire que me lisait ma maman pour m’endormir au début de l’hiver… La fleur de la grande astrance est en effet composée d’une boule de minuscules fleurs rosées, posée sur une étoile plus claire. C’est cette forme d’étoile qui lui a donné son nom d’Astrantia, une étoile en latin.

Cette étoile est composée de bractées, à mi-chemin entre les feuilles et les pétales. Elles ont un rôle protecteur, notamment avant l’éclosion de la fleur. Ici, elles ont les bouts et les nervures verts, mais elles peuvent devenir plus roses avec l’altitude.

Au milieu de cette couronne de bractées, la touffe de minuscules fleurs est structurée en ombellules, une forme aussi jolie et aérienne que son nom. Les ombellules composent les ombelles, ces petits parapluies de fleurs, comme la carotte sauvage. Les ombelles ont une structure particulière : c’est une fleur simple dans laquelle les  pédoncules floraux (les petites tiges qui supportent chacune une fleur) sont tous insérés au même point de la tige. Du coup, les fleurs sont toutes disposées sur une même surface sphérique, ou parfois plane, et prennent cette forme de parapluie, ou d’ombrelle si vous préférez.

L’astrance fait bien partie de la famille des ombellifères, même si cette famille est devenue celle des apiacées.

Malgré la délicatesse de ses fleurs et de des tiges, la grande astrance peut mesurer un mètre, à la différence de sa petite soeur, la petite astrance, à la tige plus courte, aux coupelles plus réduites, que l’on trouve plus près des terriers de marmottes, dans les landes et les pelouses alpines. Toutes les deux sont des vivaces, et fleurissent l’été. Mais la grande astrance préfère parsemer le bord des chemins forestiers, les alentours des zones humides, ou encore les prairies bien fraîches et verdoyantes.

Grande astrance – Astrantia major – Apiacées

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Les marmottes coquettes se parfument à l’essence de narcisse : entre avril et juin, près des terriers, ces fleurs poussent en abondance et l’air embaume le printemps. On les ramasse, on s’en fait des colliers et les grands-mères broient les fleurs pour que leurs petites-filles puissent se parfumer le derrière des oreilles. Il paraît même que certaines marmottes un peu sorcières en font des filtres aphrodisiaques les soirs de pleine lune, mais chut…

Il est vrai que cette fleur inspire l’amour, exalte la beauté, à tel point qu’elle peut être dangereuse. Les mêmes grands-mères rappellent aux jeunes écervelées le mythe de Narcisse : un devin nommé Tirésias avait promis au jeune Narcisse une longue vie, à condition qu’il ne voit jamais son propre visage. Narcisse était beau, très courtisé, mais très fier. La déesse de la vengeance le fit boire dans une rivière : Narcisse tomba amoureux de son propre reflet, et resta des jours, des jours entiers à se regarder. Des fleurs blanches poussèrent au lieu de sa mort, au bord de la rivière…

Ces fleurs ressemblent à des étoiles blanches au cœur œil-de-faisan. Ou à des petits ronds jaunes, cerclés de rouge, entourés de six pétales crémeux. Chacune est posée sur une longue tige au pied entouré de 3 à 5 feuilles, forme des petits bouquets, et se balance au vent de printemps dans les prairies d’altitude. Les prairies humides, cela va sans dire…

Narcisse des poètes – Narcissus poeticus subsp. radiiflorus – Famille des Amaryllidacées

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Mille pensées s’égrènent dans la montagne printanesque : dans les prairies, les sous-bois, au bord des chemins, et même au milieu des rochers. Jaunes, violettes ou souvent les deux à la fois, petites, grandes, rondes ou longues, toutes différentes, elles appartiennent pourtant à la même famille : la pensée des Alpes. Évidemment, il existe quelques autres pensées – la pensée du Mont-Cenis, la pensée des champs, la pensée Bubani, la mauvaise pensée… – mais je n’ai pas encore eu affaire à elles.

Oh, je pourrais vous en montrer plein, des jaunes pâles notamment, mais ces trois photos montrent bien la variété qui existe dans cette variété (si si). Celle de gauche, énorme, a poussé au milieu d’un chemin pierreux, à 2000m d’altitude. Au-dessus, ce mini-parterre sera bientôt brouté par les vaches, dans un pâturage frais et ombragé, à 1600m. Il paraît que les vaches adorent ça, depuis que Jupiter en a offert un bouquet à Io en la transformant en génisse. L’histoire ne dit pas si les vaches Milka® en ont trop mangé…

Si les bovins s’en régalent, les insectes ne se bousculent pas pour les butiner : comme ces fleurs sont éperonnées (la tige forme un pli), seuls les insectes à longue trompe, comme le sphynx à longue trompe, peuvent s’y risquer. Sur cette photo d’une pensée blanche, l’éperon en devenir est bien visible sur les bourgeons, au pied de la fleur.

Une dernière chose : les violettes et les pensées ne forment qu’un seul genre aux yeux des botanistes. Il faut dire qu’elles se ressemblent sacrément. La violette a juste l’air de faire la tête, avec ses pétales tournés vers le bas.

Pensée des Alpes – Viola calcarata – Famille des Violacées

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Une tache blanche sous un rayon de soleil qui filtre entre les pins, une fleur fragile et tout en grâce. Ici dans la montagne, c’est le tout début du printemps, et les fleurs sont rares quand la neige vient juste de fondre. Celle-ci est blanche, soyeuse, au cœur jaune et poilue des pattes. C’est une pulsatille des Alpes. J’en mâchouillerais bien un morceau, mais il paraît que ça donne des palpitations.

Pulsatille des Alpes – Pulsatilla alpina – Famille des Renonculacées

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