Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘fleur verte’

Ah, j’ai eu bien du mal à l’identifier, cette plante couverte de fleurs vertes… J’ai cru innocemment que c’était une gentiane, puisqu’elle a la même feuille épaisse et plissée que la grande gentiane. Et puis, elle se plaît dans le même type d’habitat : les pâturages et pelouses d’altitude, engraissées par les vaches de l’été précédent. Et puis, non, décidément les gentianes vertes n’existent pas !

Je commençais à désespérer, et puis je me suis souvenue d’une initiation aux plantes toxiques, que ma grand-marmotte dispensait aux marmottons de l’année. Il faut être prudent en montagne, on ne dirait pas comme ça, mais il y a des tas de plantes qu’il vaut mieux éviter de grignoter ! J’avais dû écouter d’une demi-oreille, trop occupée à chuchoter avec mes cousins marmottons dans le rang du fond. Et le vératre blanc, j’avoue, était caché bien loin sous mes neurones.

Mais le revoilà ! Pourtant, quand on en croise un, difficile de le rater. Il est grand, bien plus qu’une marmotte puisqu’il fait plus d’un mètre au garrot ! Une longue tige, lestée de feuilles épaisses à la base, couverte de petites fleurs vertes tout l’été. Les fleurs ont 6 pétales en étoile, qui peuvent être dans les tons de vert, blanc ou jaune, mais toujours en demi-teintes.

Comme ma grand-marmotte l’avait expliqué (j’ai fini par m’en souvenir…), le vératre blanc est une plante terriblement toxique. Pourtant, prise en minuscules quantités, il paraît que c’est très efficace quand on mal au ventre et qu’on doit sans cesse courir se cacher derrière un rocher. Pratique pour se soigner quand on est en vadrouille (mais n’essayez pas tout seul, demandez à un homéopathe !), puisqu’on trouve des vératres blancs dans toutes les montagnes d’Europe et d’Asie. Il faudra que je demande à mes cousines japonaises, les mâmotto, comment elles l’utilisent pour se soigner. Lors d’un prochain voyage ?

Vératre blanc, parfois appelé hellébore blanc ou varaire blanc – Veratrum album – Famille des Liliacées

Read Full Post »

L’hiver est toujours tellement long, même lorsqu’on le passe à dormir : tout ce blanc, tout ce froid, ça lasse vite. En me réveillant il y a quelques jours, j’ai guetté le moindre signe du printemps. La neige avait fondu dans une bonne partie de la montagne, sauf sur les versants à l’ombre : j’ai poussé des petits cris de joie en voyant que je pouvais me remettre à voyager sans avoir les pattes glacées, scoui, scouii ! Il suffit de choisir des vallées un peu basses, des forêts d’adret, des montagnes de basse altitude…

En me promenant, je regardais si les bourgeons commençaient à se former ; on en est encore loin. J’ai bavardé avec les oiseaux qui passent l’hiver dans la montagne : ils sautillaient au soleil en cherchant les insectes qui commencent à sortir. J’ai même vu les premiers papillons, qui se coursaient au-dessus des genêts. Mais les arbres sont encore tout nus, sauf les pins et sapins ; l’herbe est toute sèche, cuite par la neige ; les pierres sont glacées. Bah, c’est encore l’hiver. Dans la montagne, une seule plante s’est vraiment réveillée ! C’est l’hellébore fétide. J’aime bien l’hellébore fétide. D’abord, parce qu’elle est la première à annoncer le printemps, dès la fonte des neiges. Et puis aussi parce qu’elle a un nom rigolo, qu’elle pue et que ses fleurs sont vertes comme des ogres.

Les hellébores, on en trouve partout. Dans les jardins des vallées, on trouve les variétés chic d’hellébores, celles qu’on appelle les roses de Noël, puisqu’elles fleurissent en hiver. Dans la montagne, bon, elles sont fétides, ce qui est tout de suite moins poétique. Les marmottes lui ont donné d’autres noms un peu plus sympathiques : pied de Griffon, rose de serpent, patte d’ours (mon préféré), mords-cheval, herbe printanière, favalau,… Elles poussent au bord des chemins, en forêt, dans les plaines, au milieu des buissons ou des cailloux : vraiment partout en France, tant qu’on ne monte pas au-dessus de 1800 m d’altitude. Il n’y a que dans quelques contrées barbares comme la Bretagne ou le Nord qu’elles se font rares.

C’est une plante assez basse, de 30 à 45 cm de haut, atteignant 80 cm à 1 m lors de la floraison. L’hellébore a des feuilles d’un beau vert sombre, lisse et brillant ; elles sont persistantes, et se contentent de devenir un peu plus sombres l’hiver, sans tomber. Chaque feuille ressemble un peu à une étoile, et pousse le long d’une tige épaisse. Ces tiges sont vertes, mais tirent parfois vers le rouge, c’est assez curieux. Certaines marmottes chuchotent que ces feuilles ressemblent à celles d’une autre plante, qui fait rigoler quand on la fume. Mais ajoutent qu’il vaut mieux éviter de fumer les hellébores… Parce que oui, les hellébores sont vénéneuses, alors on se contente de regarder. Et quand on regarde une hellébore fétide, on se bouche le museau en plus.

Au printemps, de l’hellébore fétide sort une sorte de touffe d’un vert très vif, au milieu de laquelle les fleurs se préparent. Les fleurs sont des petites clochettes, penchées pour se protéger des intempéries. Leurs cinq pétales sont vertes, souvent bordées de rouge sombre. Les étamines sont nombreuses, longues, et produisent une grande quantité de pollen : les hellébores fétides ne sont pas vénéneuses pour tout le monde, puisque les mouches, les abeilles et les bourdons en profitent. Les fleurs, pollinisées par les insectes, donnent naissance à un fruit : on dirait une gousse de petits pois. Quand la gousse éclate, les graines tombent avant d’être dispersées par les fourmis. C’est l’un des modes de reproduction de l’hellébore. L’autre, c’est le rhizome, cette sorte de tige-racine dont j’ai déjà parlé ailleurs.

L’hellébore fétide fleurit ordinairement deux fois, la première fois généralement vers cinq ans, mais parfois dès la deuxième année. De nouvelles tiges naissant de la souche assurent une seconde floraison l’année suivante, cette seconde floraison étant généralement suivie par la mort de la plante.

Hellébore fétide Helleborus foetidus – Famille des Renonculacées

Read Full Post »

Une fleur dans une étoile, comme dans le Petit Prince-sans-rire que me lisait ma maman pour m’endormir au début de l’hiver… La fleur de la grande astrance est en effet composée d’une boule de minuscules fleurs rosées, posée sur une étoile plus claire. C’est cette forme d’étoile qui lui a donné son nom d’Astrantia, une étoile en latin.

Cette étoile est composée de bractées, à mi-chemin entre les feuilles et les pétales. Elles ont un rôle protecteur, notamment avant l’éclosion de la fleur. Ici, elles ont les bouts et les nervures verts, mais elles peuvent devenir plus roses avec l’altitude.

Au milieu de cette couronne de bractées, la touffe de minuscules fleurs est structurée en ombellules, une forme aussi jolie et aérienne que son nom. Les ombellules composent les ombelles, ces petits parapluies de fleurs, comme la carotte sauvage. Les ombelles ont une structure particulière : c’est une fleur simple dans laquelle les  pédoncules floraux (les petites tiges qui supportent chacune une fleur) sont tous insérés au même point de la tige. Du coup, les fleurs sont toutes disposées sur une même surface sphérique, ou parfois plane, et prennent cette forme de parapluie, ou d’ombrelle si vous préférez.

L’astrance fait bien partie de la famille des ombellifères, même si cette famille est devenue celle des apiacées.

Malgré la délicatesse de ses fleurs et de des tiges, la grande astrance peut mesurer un mètre, à la différence de sa petite soeur, la petite astrance, à la tige plus courte, aux coupelles plus réduites, que l’on trouve plus près des terriers de marmottes, dans les landes et les pelouses alpines. Toutes les deux sont des vivaces, et fleurissent l’été. Mais la grande astrance préfère parsemer le bord des chemins forestiers, les alentours des zones humides, ou encore les prairies bien fraîches et verdoyantes.

Grande astrance – Astrantia major – Apiacées

Read Full Post »