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Posts Tagged ‘liliacées’

Ah, j’ai eu bien du mal à l’identifier, cette plante couverte de fleurs vertes… J’ai cru innocemment que c’était une gentiane, puisqu’elle a la même feuille épaisse et plissée que la grande gentiane. Et puis, elle se plaît dans le même type d’habitat : les pâturages et pelouses d’altitude, engraissées par les vaches de l’été précédent. Et puis, non, décidément les gentianes vertes n’existent pas !

Je commençais à désespérer, et puis je me suis souvenue d’une initiation aux plantes toxiques, que ma grand-marmotte dispensait aux marmottons de l’année. Il faut être prudent en montagne, on ne dirait pas comme ça, mais il y a des tas de plantes qu’il vaut mieux éviter de grignoter ! J’avais dû écouter d’une demi-oreille, trop occupée à chuchoter avec mes cousins marmottons dans le rang du fond. Et le vératre blanc, j’avoue, était caché bien loin sous mes neurones.

Mais le revoilà ! Pourtant, quand on en croise un, difficile de le rater. Il est grand, bien plus qu’une marmotte puisqu’il fait plus d’un mètre au garrot ! Une longue tige, lestée de feuilles épaisses à la base, couverte de petites fleurs vertes tout l’été. Les fleurs ont 6 pétales en étoile, qui peuvent être dans les tons de vert, blanc ou jaune, mais toujours en demi-teintes.

Comme ma grand-marmotte l’avait expliqué (j’ai fini par m’en souvenir…), le vératre blanc est une plante terriblement toxique. Pourtant, prise en minuscules quantités, il paraît que c’est très efficace quand on mal au ventre et qu’on doit sans cesse courir se cacher derrière un rocher. Pratique pour se soigner quand on est en vadrouille (mais n’essayez pas tout seul, demandez à un homéopathe !), puisqu’on trouve des vératres blancs dans toutes les montagnes d’Europe et d’Asie. Il faudra que je demande à mes cousines japonaises, les mâmotto, comment elles l’utilisent pour se soigner. Lors d’un prochain voyage ?

Vératre blanc, parfois appelé hellébore blanc ou varaire blanc – Veratrum album – Famille des Liliacées

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Dans la montagne d’été, certaines fleurs sont vraiment reines. Vous vous souvenez du lis martagon ? Une fleur cousine, le lis orangé, a le même port altier, la feuille conquérante et la robe chatoyante. Ici, la robe est couleur de soleil pour fêter le retour de l’été, parfois jaune, parfois orange vif, mais souvent dans un entre-deux très lumineux. De toutes façons, vous ne pouvez pas la manquer, vu qu’elle a le bon goût d’être haute sur tige : entre 20 et 80 cm.

Elle fleurie au début de l’été, en juin et en juillet. Elle est bien connue des marmottes, parce qu’elle est un peu comme nous : elle aime bien les rochers et les pelouses alpines. Et puis elle est belle, évidemment.

Moi, ce que j’aime bien avec cette fleur, c’est qu’elle a des feuilles rigolotes en forme de petits couteaux. On dit qu’elles sont lancéolées-linéaires. Enfin, ça c’est pour faire chic. Moi je les imagine toujours comme un espèce d’escalier vert en colimaçon qui mène jusqu’à la fleur. Moi je suis trop lourde pour grimper dessus, j’ai essayé. Mais des petits insectes peuvent se lancer à l’assaut de la tour en gravissant les escaliers et aller sauver la princesse Étamine. Yaahaa ! Sus aux dragons !

Et puisqu’on en parle des étamines, celles du lys orangé se dressent majestueusement tout en haut avec un petit bout noir pour les reconnaître. C’est toujours pratique pour attirer les insectes pollinisateur et leur faire amener le pollen vers un autre lys orangé. Je vais pas vous faire un dessin, mais c’est un peu comme une histoire d’amour par téléphone. Sauf que ce sont les abeilles dans le rôle du fil, et que c’est un peu plus efficace que le téléphone pour faire des bébés.

Attention ! C’est une jolie fleur, mais il est interdit de la cueillir. Il paraît que certains malpolis le font. Gare à eux s’il y a des marmottes pour témoins, parce qu’ils pourrait benien se retrouver la tête dans un terrier avec leurs lacets noués entre eux. Héhé !

Lis orangé – Lilium bulbiferum ou Lilium croceum – Famille des Liliacées

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Les prairies d’altitude, l’été, sont un parterre de fleurs. Je les traverse sans rien y voir, le museau empli de parfums incroyables, précédée de nuages de papillons bruns ou bleus.

Une fleur se distingue nettement par sa hauteur et son élégance : c’est le lis martagon. Sa longue tige mince peut atteindre 1m50 ! Autour d’elle sont groupées de belles feuilles, longues et à la texture épaisse. Tout en haut, de gros bourgeons violets se préparent, le long de la hampe florale. Ils donnent, en juin et juillet, de trois à dix fleurs majestueuses.

Celles-ci regardent le sol et les marmottes lorsqu’elles sont ouvertes. Elles sont grandes, roses à pois violets, composées de six pétales qui s’enroulent sur eux-mêmes à maturité, et de six étamines d’un beau brun-orangé (assorti à mes oreilles). Attention, le pollen tache les moustaches ! De toutes façons, ça ne sert à rien d’approcher son nez, le lis martagon est parfait sauf… qu’il sent mauvais.

Bas les pattes, ne ramassez pas ces fleurs de lis, la cueillette en est règlementée !

Quand les fleurs se redressent et regardent vers le ciel, c’est qu’elles sont en train de pondre : elles préparent un fruit, une sorte de longue capsule. Ce fruit s’ouvrira par trois déchirures longitudinales pour laisser tomber ses graines.

Si cette longue tige résiste si bien, c’est qu’elle est solidement ancrée dans le sol : le bulbe du lis martagon s’enfonce un peu plus dans le sol chaque année, au fur et à mesure qu’il prend du poids (un peu comme les marmottes). Les rongeurs comme les humains peuvent se nourrir de ce bulbe. On raconte qu’un peuple d’Asie, les  rusés Itelmes, attendent que les souris aient stocké plusieurs bulbes, repèrent leur cachette et n’ont plus qu’à les récupérer ! En échange, ils ont coutume de laisser la même proportion de graines comestibles aux souris… Mmmh, ça me donne des idées….

Lis martagon – Lilium martagon – Famille des Liliacées

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Non loin des bouquets de narcisse, des petites flammes orangées parsèment certaines prairies d’altitude. Ces tulipes australes sont rares, très belles et protégées. Pour de multiples raisons, c’est une espèce menacée : cueillette sauvage, destruction de leur habitat, maladies venues des tulipes horticoles… Cette espèce de tulipe se trouve essentiellement dans les montagnes du sud de la France.

La tulipe australe est d’autant plus précieuse qu’elle est sans doute la seule espèce de tulipes qui soit spontanée en France. En effet, il semblerait que les autres tulipes sauvages soient en réalité des tulipes d’origine orientale, venues en France au gré des voyages humains, peut-être mêlées aux bulbes de safran qui étaient cultivés dans le sud du pays. Certaines se sont même adaptées à la vie sauvage au XVIIe siècle, lors de la grande mode des tulipes en Europe (on parle même de tulipomanie), celle qu’évoque La Bruyère dans le portrait de l’amateur de tulipes…

Revenons à nos tulipes sauvages : espèce endémique, ses fleurs sont assez peu nombreuses puisque cette plante pratique la reproduction végétative : elle se développe à partir des rhizomes (des petites tiges souterraines) qui donnent naissance à un nouveau pied. Ces fleurs sont donc un petit luxe, puisqu’elles ne sont pas nécessaires à la survie de la plante !

La tulipe australe est dorée, mais l’extérieur des pétales est rouge-orangé. C’est ce qui la différencie de la tulipe sauvage (tulipa sylvestris subsp. sylvestris), qui est entièrement jaune. Toutes les deux ont des anthères poilues, ce qui les classe dans le groupe des tulipes Eriostemones. Les anthères, ce sont le bout des étamines, les petits boudins qui produisent le pollen. Apparemment, les autres tulipes s’épilent les anthères. Tulipe australe et tulipe sylvestre sont toutes les deux protégées et menacées.

Tulipe australe – Tulipa sylvestris subsp. australis – Famille des Liliacées

Pour en savoir plus : http://www.tulipessauvages.org/

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Le vent souffle dans mes oreilles, la neige forme encore de larges plaques qui me refroidissent les pattes, mais de petits soleils m’encouragent dans mon ascension : c’est la gagée de Liotard, ou du moins l’une des onze espèces de gagée que l’on trouve dans ce pays. Les chamois l’appellent l’étoile jaune de Liotard, avant de s’empresser de la brouter.

Elle pousse dans les alpages, à la fonte des neiges, parmi les bouses de vaches de l’été précédent. Son nom rigolo vient de deux botanistes : Thomas Gage, un anglais de la vieille école, et Pierre Liotard, un copain du premier botaniste à l’avoir identifiée (Dominique Villars).

Gagée de Liotard – Gagea fragifera – Famille des Liliacées

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Au printemps, les ronds-points des villes se couvrent de tulipes, ceux des montagnes font des feintes : on dirait une tulipe fatiguée, ce n’en est pas une, même si c’est de la même famille. C’est une superbe fritillaire du Dauphiné. Ses pétales sont sombres et, quand on regarde de près, on voit des petits carreaux plus clairs, c’est très chic. La fritillaire est une élégante perchée sur sa tige fine, courbée, sensuelle et mystérieuse. Elle porte un parfum de mystère et de malheurs…

C’est une fleur rare, protégée, mais ce n’est pas ça qui m’a dissuadée de la grignoter : son bulbe est mortel. Ma maman m’avait toujours dit que Ça-gratte, un marmotton-philosophe d’il y a très longtemps, avait bu  une coupe avec de la tisane de fritillaire devant ses élèves, et qu’il était mort sur le champ (le champ de quoi, je ne sais pas).

Un peu plus tard dans l’Histoire, elle a servi de symbole aux Protestants, qui se sont beaucoup mis au vert dans ces montagnes quand ça chauffait pour eux dans la plaine. C’est triste pour elle, mais cette fleur symbolise maintenant la persécution… Une raison de plus pour la laisser tranquille ?

Fritillaire du Dauphiné – Fritillaria tubiformis -Famille des Liliacées

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