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Posts Tagged ‘renonculacées’

Aaah, les fleurs de printemps, on ne s’en lasse pas (enfin moi en tous cas… Chers lecteurs, dites-moi si vous voulez que je passe à autre chose). Lors de ma dernière ballade en forêt, c’était un festival de petites fleurs violettes : j’ai revu des crocus bigarrés, croisé des violettes très parfumées et tout plein d’hépatiques nobles. Non non, il ne s’agit pas d’une maladie rare, mais d’une jolie fleur violette, assez commune en montagne, qui apparaît au début du printemps. On en croise dès le mois de mars dans les sous-bois.

Au bout d’une tige poilue d’une dizaine de centimètres, les fleurs violettes, blanches ou bleues s’ouvrent. Les pétales sont assez charnus, ronds, et le cœur ressemble à un petit oursin jaune et blanc. Fécondées, les fleurs donnent des petites graines qui sont transportées par les fourmis et stockées dans leur placard à provision. Elles participent ainsi à la dissémination de l’espèce, braves fourmis.

Les feuilles sont épaisses et persistantes : quand les fleurs s’ouvrent au printemps, elles accompagnent les feuilles de l’année précédentes, qui ont traversé l’hiver. Elles sont d’un joli vert grenouille sur le dessus, et lie-de-vin sur la face intérieure. C’est leur forme particulière, à trois lobes, qui a donné son nom à la plante : Hepatica vient du grec hêpar, le foie, et fait référence aux lobes de celui-ci. On a longtemps cru que, puisque ses feuilles ressemblaient à un foie, l’hépatique noble soignait les maladies du foie (c’est d’une logique imparable), pourtant l’hépatique est toxique !

Et puisque je fais ma maline depuis tout à l’heure (en parlant grec et tout), figurez-vous qu’il existe des feuilles trilobées chez les hépatiques, mais aussi des fenêtres trilobées dans certaines grandes forêts de pierre. Les humains font aussi des fenêtres en forme de fleurs, qu’ils appellent rosaces. Je ne sais pas si c’est parce qu’ils ne voient pas la nature au quotidien, et se consolent en mettant de fausses plantes partout, ou alors qu’ils trouvent ces feuilles et fleurs si jolies qu’ils les immortalisent en pierre….

Hépatique noble – Hepatica nobilis – Famille des Renonculacées

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L’hiver est toujours tellement long, même lorsqu’on le passe à dormir : tout ce blanc, tout ce froid, ça lasse vite. En me réveillant il y a quelques jours, j’ai guetté le moindre signe du printemps. La neige avait fondu dans une bonne partie de la montagne, sauf sur les versants à l’ombre : j’ai poussé des petits cris de joie en voyant que je pouvais me remettre à voyager sans avoir les pattes glacées, scoui, scouii ! Il suffit de choisir des vallées un peu basses, des forêts d’adret, des montagnes de basse altitude…

En me promenant, je regardais si les bourgeons commençaient à se former ; on en est encore loin. J’ai bavardé avec les oiseaux qui passent l’hiver dans la montagne : ils sautillaient au soleil en cherchant les insectes qui commencent à sortir. J’ai même vu les premiers papillons, qui se coursaient au-dessus des genêts. Mais les arbres sont encore tout nus, sauf les pins et sapins ; l’herbe est toute sèche, cuite par la neige ; les pierres sont glacées. Bah, c’est encore l’hiver. Dans la montagne, une seule plante s’est vraiment réveillée ! C’est l’hellébore fétide. J’aime bien l’hellébore fétide. D’abord, parce qu’elle est la première à annoncer le printemps, dès la fonte des neiges. Et puis aussi parce qu’elle a un nom rigolo, qu’elle pue et que ses fleurs sont vertes comme des ogres.

Les hellébores, on en trouve partout. Dans les jardins des vallées, on trouve les variétés chic d’hellébores, celles qu’on appelle les roses de Noël, puisqu’elles fleurissent en hiver. Dans la montagne, bon, elles sont fétides, ce qui est tout de suite moins poétique. Les marmottes lui ont donné d’autres noms un peu plus sympathiques : pied de Griffon, rose de serpent, patte d’ours (mon préféré), mords-cheval, herbe printanière, favalau,… Elles poussent au bord des chemins, en forêt, dans les plaines, au milieu des buissons ou des cailloux : vraiment partout en France, tant qu’on ne monte pas au-dessus de 1800 m d’altitude. Il n’y a que dans quelques contrées barbares comme la Bretagne ou le Nord qu’elles se font rares.

C’est une plante assez basse, de 30 à 45 cm de haut, atteignant 80 cm à 1 m lors de la floraison. L’hellébore a des feuilles d’un beau vert sombre, lisse et brillant ; elles sont persistantes, et se contentent de devenir un peu plus sombres l’hiver, sans tomber. Chaque feuille ressemble un peu à une étoile, et pousse le long d’une tige épaisse. Ces tiges sont vertes, mais tirent parfois vers le rouge, c’est assez curieux. Certaines marmottes chuchotent que ces feuilles ressemblent à celles d’une autre plante, qui fait rigoler quand on la fume. Mais ajoutent qu’il vaut mieux éviter de fumer les hellébores… Parce que oui, les hellébores sont vénéneuses, alors on se contente de regarder. Et quand on regarde une hellébore fétide, on se bouche le museau en plus.

Au printemps, de l’hellébore fétide sort une sorte de touffe d’un vert très vif, au milieu de laquelle les fleurs se préparent. Les fleurs sont des petites clochettes, penchées pour se protéger des intempéries. Leurs cinq pétales sont vertes, souvent bordées de rouge sombre. Les étamines sont nombreuses, longues, et produisent une grande quantité de pollen : les hellébores fétides ne sont pas vénéneuses pour tout le monde, puisque les mouches, les abeilles et les bourdons en profitent. Les fleurs, pollinisées par les insectes, donnent naissance à un fruit : on dirait une gousse de petits pois. Quand la gousse éclate, les graines tombent avant d’être dispersées par les fourmis. C’est l’un des modes de reproduction de l’hellébore. L’autre, c’est le rhizome, cette sorte de tige-racine dont j’ai déjà parlé ailleurs.

L’hellébore fétide fleurit ordinairement deux fois, la première fois généralement vers cinq ans, mais parfois dès la deuxième année. De nouvelles tiges naissant de la souche assurent une seconde floraison l’année suivante, cette seconde floraison étant généralement suivie par la mort de la plante.

Hellébore fétide Helleborus foetidus – Famille des Renonculacées

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Des marais au milieu des montagnes, il y en a, et c’est un lieu de rendez-vous très prisé par les canards sauvages ou les insectes de toutes sortes. Lorsqu’en plus ces insectes trouvent des fleurs à butiner, des feuilles charnues à grignoter, c’est la folie des hauteurs. Ces gros boutons d’or sont de véritables boîtes de nuit pour scarabées et abeilles.

Le populage est une fleur de printemps, qui fait de petites touffes au bord des lacs, des marais, dans les prairies inondables quand elles sont inondées, ou même dans les forêts qui longent les cours d’eau (les ripisylves, héhé, ça vous en bouche un coin). Elle a de belles feuilles rondes et luisantes, en forme de cœur, et ses fleurs dorées ne passent pas inaperçues sur l’eau sombre des marais.

Les marmottes font confire les boutons de ces fleurs et les mangent comme des câpres, c’est délicieux dans une petite salade de pissenlits.

Populage des marais – Caltha palustris – Famille des Renonculacées

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Une tache blanche sous un rayon de soleil qui filtre entre les pins, une fleur fragile et tout en grâce. Ici dans la montagne, c’est le tout début du printemps, et les fleurs sont rares quand la neige vient juste de fondre. Celle-ci est blanche, soyeuse, au cœur jaune et poilue des pattes. C’est une pulsatille des Alpes. J’en mâchouillerais bien un morceau, mais il paraît que ça donne des palpitations.

Pulsatille des Alpes – Pulsatilla alpina – Famille des Renonculacées

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